PHILIPS , IPEDIA , MURATA : 20 ans d’une saga exemplaire
02-01-2026

ULTIME RECONNAISSANCE :
Le 14 novembre 2025, c’est sous les ors de la République que Franck Murray recevait, des mains de Monsieur le Préfet du Calvados, la Légion d’honneur en reconnaissance de la formidable aventure au crédit de cet entrepreneur hors-norme qui aura fait renaître de ses « cendres » le site industriel du Mont Coco à Caen. Un peu d’histoire :
Né en 1962, diplômé de l’École Centrale et docteur ès-sciences, Franck Murray passe une grande partie de sa carrière au sein du site PHILIPS de Caen. En 2000, il se voit confier par son directeur le soin de réfléchir à un futur pour le site de Caen vieillissant et dont l’existence même était en jeu.
Il va en ressortir une innovation technologique d’intégration de composants passifs sur silicium PICS (Passive Integration Component on Silicon).
L’incendie de l’unité de production en 2003 va précipiter les choses, ajouté à la décision de PHILIPS de se désengager de son activité « semiconducteurs.
Le projet industriel de Franck Murray est retenu et fonde la société IPDIA, portée sur les fonts baptismaux en 2009 par une équipe de 70 personnes largement issue des effectifs de l’ancien site.
La nouvelle société va bénéficier dès sa naissance d’une charge industrielle pour produire des composants de protection pour diodes électroluminescentes (LED).
UN DEVELOPPEMENT DURABLE :
Ces deux mots si galvaudés vont prendre toute leur acception dans le développement de cette PME où la passion pour l’innovation sera son ADN
En s’entourant d’une forte équipe de développement et s’associant à des laboratoires français, son fondateur va « surfer » sur ce concept de structures capacitives 3D de forte valeur dans le silicium, accumulant des brevets et des générations technologiques de plus en plus avancées et compétitives PICS 1, 2, … ,7 avec toujours deux mots clés « miniaturisation et performance » sous le néologisme « Performiniaturisation ».
Le monde médical (Medtech) va le premier s’intéresser à ces produits miniaturisés qui peuvent assurer la forte impulsion électrique d’un pacemaker. Si bien que, à ce jour, la moitié de ces pacemakers dans le monde utilise des composants fabriqués à Caen qui contribuent à générer l’indispensable impulsion salvatrice.
Rien de surprenant quand on voit ce dispositif si petit qu’il peut d’introduire par une veine en ambulatoire.
Ce sera aussi le temps de découvrir toutes les qualités et performance de cette technologie: pèle mêle, outre la miniaturisation, réponse en fréquence, tenue en haute tension (600 V), fiabilité, stabilité en température, très faible épaisseur (40 μm) …qui ne vont pas manquer d’intéresser d’autres acteurs de l’électronique et laisser poindre un avenir fructueux.
UNE AUTRE DIMENSION :
Ce dernier succès n’aura pas été étranger à ce que des grands acteurs de ce domaine (composants passifs) s’intéressent à cette « pépite » normande.
Ce sera MURATA, une société nipponne de plus de 80.000 salariés dans le monde, spécialisée dans les composants passifs depuis 1944 qui va entreprendre dès 2015 une démarche « gagnant-gagnant » jusqu’à intégrer le site caennais dans son giron en 2016.
Cette rupture structurelle sera aussi une rupture économique avec un changement d’échelle qui se concrétisera en 2025 par un lourd investissement de 60 M€ pour y implanter une nouvelle ligne de production avec des tranches de silicium 8 pouces.

Son inauguration en grande pompe a lieu le 4 octobre 2025 en présence du président de MURATA et des autorités territoriales.
Ainsi, le site caennais devient, avec cet investissement, un site important de l’innovation du groupe japonais.
« Aujourd’hui à Caen, il compte 250 salariés. Depuis 2023, il a recruté 100 personnes et vise les 350 salariés d’ici deux à trois ans » ajoute Franck Murray qui a laissé sa place à Jean Fergon en avril 2025.
Le site mise toujours sur l’innovation avec une cinquantaine d’ingénieurs pour développer les nouvelles technologies, les procédés de fabrication associés et les produits finis « 5 ingénieurs sont basés au CEA LETI à Grenoble au sein d’un laboratoire commun et la production fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 ».
La société réalise ainsi une croissance incroyable à plus de deux chiffres - jusqu’ à 50 % - sur les segments de marché historique du Medtech mais surtout sur les marchés de l’électronique haute performance et des semiconducteurs (principalement pour les infrastructures de télécommunications et la téléphonie mobile) dont les applications peuvent comprendre de nombreux condensateurs de découplage de forte valeur.
« Ce projet s’inscrit dans le plan France 2030, qui vise à renforcer les travaux et la position de l’industrie des semiconducteurs en France et en Europe », précise Franck Murray « La Région Normandie soutient également ce projet à travers le dispositif i-Demo Région avec BPI France ».
EN DE BONNES MAINS :
Jean Fergon, ancien directeur opérationnel, a repris les rênes de l’entreprise avec ambition et détermination devant ce challenge de croissance impressionnant.
Lors de notre visite, on aura constaté que la culture de l’entreprise s’appuie sur une démarche RSE forte, il n’en est que pour exemple le travail effectué sur le côté environnemental et l’impact CO2.
« Nous allons nous connecter sur le réseau de chauffage de la ville de Caen » dit Jean Fergon, supprimant ainsi la consommation de gaz propre à l’entreprise.
Que dire de la réduction de la consommation en eau d’un facteur 3 en 3 ans (rapporté au niveau de production) ? Tout cela ne sera pas de trop devant la concurrence – et non des moindres - qui s’annonce sur ce segment devenu porteur.
LA RECETTE DU SUCCES :
- Prenez d’abord le socle solide de la culture d’une grande entreprise, ses valeurs humaines et son potentiel d’innovation.
- Prenez un entrepreneur atypique sachant pratiquer un équilibre vertueux entre la
recherche, l’attente de ses clients et l’industrialisation in fine.
- Ajoutez son talent à s’avoir s’entourer de compétences et de les entretenir.
- Ajoutez sa volonté à avoir toujours un coup d’avance en matière technologique.
- Ajoutez une expérience de production de masse, sa gestion des coûts et le management de ses ressources
humaines.
- Ajoutez enfin un peu de chance « être là au bon moment » mais la chance, cela se provoque.
Adhérent de notre association, MURATA Caen fait désormais partie du « Hall of Fame » des bonnes pratiques telles que l’AQM Normandie le conçoit. Bienvenue au club et bon vent pour cette aventure !
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